L’ouverture caractéristique dans le tube supérieur, indispensable à la technologie « IsoBow » de la marque, fera certainement sourciller, mais tu retrouves ici tous les autres ingrédients d’un vélo de course XC moderne. Une fois sur le parcours, le Procaliber dégage sans aucun doute cette dynamique vive que nous attendons d’un vélo conçu pour aller vite. Il semble rigide et réagit avec agilité, parfait pour un peu d’action entre les rubalises.

Selon Trek, l’objectif est de permettre davantage de flexion verticale à partir de l’axe arrière. Cela doit offrir un peu plus de confort et d’adhérence à la roue arrière lorsque tu pédales assis. Et ce n’est pas tout : en bas, au niveau de l’axe arrière, la fixation du frein « flotte » sur la base et autour de l’axe. Aucun élément structurel de la fixation du frein ne se trouve sur le hauban, là encore pour favoriser la flexion.

Le passage à une fourche de 120 mm de débattement n’est pas non plus inattendu. Les parcours XC deviennent toujours plus exigeants, et un peu plus de débattement à l’avant aide à maîtriser les passages techniques.

L’angle de selle n’est pas particulièrement redressé en soi, mais il se redresse encore légèrement lorsque la fourche s’enfonce dans son sag (enfoncement statique) et se situe au même niveau que celui de nombreux autres semi-rigides XC. La longueur des bases varie de 430 mm à 440 mm selon les cinq tailles de cadre. Celles-ci comprennent également une taille M/L, parfaite si tu te situes exactement entre Medium et Large.
| S | M | ML | L | XL | |
|---|---|---|---|---|---|
| Angle du tube de selle (degrés) | 71 | 71,5 | 72 | 72,5 | 73 |
| Angle du tube de direction (degrés) | 67 | 67 | 67 | 67 | 67 |
| Base (mm) | 430 | 430 | 435 | 435 | 440 |
| Longueur du tube de selle (mm) | 390 | 420 | 440 | 460 | 510 |
| Tube supérieur (mm) | 577 | 598 | 613 | 628 | 677 |
| Hauteur du boîtier de pédalier (mm) | 309 | 309 | 309 | 309 | 309 |
| Empattement (mm) | 1'110 | 1'135 | 1'155 | 1'171 | 1'227 |
| Hauteur d’enjambement (mm) | 747 | 749 | 758 | 763 | 791 |
| Stack (mm) | 614 | 614 | 614 | 614 | 642 |
| Reach (mm) | 405 | 430 | 445 | 460 | 500 |

Le 9.7 est le modèle phare de la gamme Procaliber.
L’équipement n’est pas du très haut de gamme, mais il ne présente aucune faiblesse évidente si tu veux faire de la compétition avec ce vélo, avec des roues légères, des pneus rapides, une fourche suspendue bien réglée et l’excellente transmission Transmission de SRAM.
À l’avant, une fourche RockShox SID officie. Il s’agit du modèle de base équipé d’une cartouche d’amortissement Rush RL, commandée par un levier de blocage au guidon, placé juste à côté du levier de la tige de selle télescopique.
Une paire de roues Bontrager Kovee Elite en carbone est montée sur cette fourche et sur le cadre. Sur mon vélo d’essai, elles étaient chaussées de pneus Pirelli Scorpion (des pneus Bontrager Sainte-Anne RSL sont indiqués en ligne). La transmission SRAM GX Eagle Transmission est montée sur le cadre et assure des changements de vitesse fiables, tandis que les freins SRAM Level Bronze arrêtent le vélo.
En hommage à son ADN de compétition, l’ensemble cintre-potence intégré RSL de Bontrager occupe la place d’honneur à l’avant.

Sur les sentiers humides à sol compact, parsemés de racines et de rochers, où j’ai effectué la plupart des essais, une pression d’environ 1,4 bar à l’avant et à l’arrière offrait les meilleures performances avec les pneus Pirelli et mon poids de 82 kg.
Performances en montée

Bien que l’arrière du Procaliber soit théoriquement censé offrir une certaine souplesse verticale, je l’ai trouvé suffisamment ferme pour un vélo conçu pour les circuits de course XC. Lorsque tu pédales sur un sol dur, les seuls mouvements de flexion perceptibles proviennent des pneus, qui travaillent latéralement. Cela donne une accélération très directe et énergique lorsque tu transmets la puissance au sol.
Cet effet est encore renforcé par le blocage ferme de la fourche SID, commandé par le levier facilement accessible situé juste au-dessus de celui de la tige de selle télescopique.
Les pneus Scorpion de Pirelli possèdent de nombreux crampons bas aux arêtes vives. Ils bourdonnent certes sur la route, mais sans trop pénaliser la résistance au roulement. Sur les sentiers, ces arêtes vives offrent davantage d’adhérence dans la boue glissante que tu ne le penserais et semblent aussi s’accrocher aux irrégularités des racines, ce qui aide dans les montées techniques. Dans des conditions extrêmement boueuses, tu as bien sûr besoin de crampons plus imposants, mais dans l’ensemble, ils m’ont convaincu.

Sur les pierres humides, où la gomme joue un rôle plus important, ils ne semblent pas offrir la même adhérence tenace. En roulant, la gomme paraît plus dure que celle de mon pneu XC préféré, le Maxxis Rekon Race.
La géométrie fonctionne très bien dans les montées. Le tube supérieur est suffisamment long pour que le vélo ne semble pas étriqué lorsque tu peines à gravir les pentes. Si tu retires toutes les entretoises sous la potence (« slam the stem »), tu obtiens une position extrêmement agressive, si c’est ton truc.
L’arrière court aide lorsque tu veux soulever la roue avant ou faire passer le vélo dans un virage technique serré. Compte tenu de l’angle de selle plus ouvert, un arrière légèrement plus long améliorerait toutefois encore un peu l’équilibre entre les roues avant et arrière lorsque tu es assis.
Le dégagement à l’entrejambe est suffisant si tu perds l’adhérence à la roue arrière et dois poser un pied pour éviter de basculer. La transmission Transmission de SRAM ne laisse guère à désirer. Elle semble presque insensible à la pression sur les pédales et permet de changer de vitesse dans pratiquement toutes les situations, même s’il est bien sûr toujours utile de relâcher brièvement un peu la pression.
Performances en descente

À l’avant, la fourche SID, bien qu’il s’agisse du modèle de base, fait du bon travail et maintient la roue avant au sol aussi longtemps que tu le souhaites. Elle reste active, absorbe bien les petites irrégularités et amortit les chocs plus importants nettement mieux que les fourches de base comparables d’il y a quelques années.
Le châssis de la SID, avec ses plongeurs de 35 mm, est lui aussi excellent. Sa construction assez robuste résiste aux torsions et aux flexions lorsque tu la guides sur un enchevêtrement de racines, ce qui contribue largement à la confiance que tu accordes au vélo. Le débattement supplémentaire t’offre un peu plus de sécurité, tout comme l’angle de direction ouvert, qui maintient la roue avant suffisamment loin devant ton centre de gravité sur les terrains plus raides.

Les pneus font débat sur tous les vélos. Les Pirelli Scorpion roulent vite, ce qui permet de prendre rapidement de la vitesse sur les sols durs. Leur forme est également réussie, avec un profil moins arrondi sur les jantes Bontrager que celui de certains autres pneus XC. D’après mon expérience, cela donne davantage confiance pour incliner les pneus dans les virages et en tirer une adhérence maximale.
Les petits crampons s’enfoncent bien dans les sols modérément meubles, mais lorsque tu les mets en appui sur le gravier des centres de VTT, ils décrochent presque sans prévenir. Il en va de même dans la boue ou sur les rochers et les racines glissants : regarde devant toi et accroche-toi. Ces pneus devraient néanmoins rendre de bons services pendant les mois plus secs ; un deuxième jeu de pneus pour l’hiver pourrait toutefois être un investissement judicieux.

Cela vaut aussi pour l’ensemble cintre-potence monobloc RSL. Sa forme est correcte, mais il n’offre aucune possibilité d’ajustement si tu le souhaites, et il n’est pas aussi confortable que les systèmes en deux parties. Il est également plus difficile d’y monter des accessoires comme des supports GPS.
Sur une longue portion rapide et fluide, tu te surprends vite à mettre franchement les gaz au guidon du Procaliber. La géométrie du vélo inspire confiance grâce à la longueur généreuse de sa partie avant, ce qui te permet de relâcher les freins et de profiter du flow. Les freins Level te permettent de doser finement ta vitesse, car leur point de mordant n’est pas extrêmement agressif. En parallèle, le maintien à mi-débattement de la fourche SID t’encourage à exploiter activement le terrain (« pomper ») pour conserver ta vitesse.

La technologie IsoBow ne contribue pas autant aux sensations de conduite que Trek aimerait peut-être le laisser entendre, mais toute aide est bienvenue. Et le Procaliber ne se dérobe pas lorsque les sentiers deviennent plus exigeants, du moins dans les limites de ce que tu peux attendre d’un semi-rigide axé sur le XC.
| Marque | Trek |
| Prix | à partir d’environ CHF 4'000 |
| Poids | 10,80 kg |
| Fourche | RockShox SID, 120 mm de débattement |
| Potence | Bontrager RSL Integrated, 750 mm, 70 mm |
| Chaîne | Transmission SRAM GX Eagle |
| Cadre | Carbone OCLV |
| Pneus | Pirelli Scorpion XC M 61-622 mm |
| Freins | SRAM Level Bronze, disques de 180/160 mm |
| Pédalier | Transmission SRAM GX AXS, 32 dents |
| Selle | Verse Short Elite |
| Roues | Bontrager Kovee Elite 30 |
| Jeu de direction | FSA IS-2 |
| Commande de vitesses | SRAM Transmission Pod Ultimate |
| Cassette | SRAM Eagle XS 1275 |
| Tige de selle | Bontrager Line |
| Poignées/ruban de cintre | ESI Chunky |
| Cintre | Bontrager RSL Integrated, 750 mm, 70 mm |
| Boîtier de pédalier | SRAM DUB |
| Tailles disponibles | S, M, ML, L, XL |
| Dérailleur arrière | Transmission SRAM GX |
Tom Marvin








