En tant que catégorie, les
E-Lastenvelos constituent une alternative idéale à la voiture — ou à la deuxième voiture. Ils sont aussi très appréciés des parents pour emmener les enfants à l’école ou comme E-Bike de pendulaire simple et pratique. Mais ils sont aussi souvent grands, lourds et chers, ce qui les rend parfois moins faciles à utiliser au quotidien.
La gamme d’E-Bikes de
Tern est l’une des plus variées du marché : on y trouve des vélos pliants avec différentes tailles de roues, des vélos hybrides, des pseudo-beach cruisers et — au cœur de la gamme — des
velos cargo. La plupart des velos Tern partagent deux caractéristiques clés : un enjambement très bas et un cintre droit.
Cela rend tous leurs velos très accessibles, surtout en combinaison avec les nombreux détails pratiques pensés pour le quotidien. Un point essentiel, car les velos cargo sont en général volumineux, lourds et demandent beaucoup d’espace pour le stationnement.
Dans le contexte des trajets scolaires, j’ai testé le
GSD S10 Gen 3 au prix de
CHF 6’280.– (sans accessoires), le modèle haut de gamme de la série S10 des E-Lastenvelos de Tern. La série R14, qui utilise le même cadre, est encore plus chère en raison du moyeu Rohloff Speedhub et de la transmission par courroie.
Tous les modèles GSD sont conçus de manière très compacte, mais se distinguent par leur équipement. Ce S10 avec cadre à enjambement bas transporte sans problème deux passagers ainsi que la conductrice ou le conducteur, sur un empattement de 135 cm. C’est assez impressionnant : pour un Velo capable de transporter trois personnes plus des bagages, cela ne représente que 36 cm de plus que la longueur de la plupart des vélos de course en carbone de 6,9 kg.
Les cadres de Tern sont relativement compacts, mais conçus pour transporter de lourdes charges
Crédit photo : Future
Construction
Le cadre en aluminium 6061 à enjambement bas, peint en bleu vif, qui constitue le cœur de ce Velo rappelle presque le Forth Bridge — sans doute parce qu’il est, lui aussi, conçu de manière très cohérente pour le port de charges lourdes. Et ici, le terme n’est pas exagéré : le poids maximal de la conductrice ou du conducteur est limité à 130 kg, la charge admissible sur le porte-bagages arrière à 100 kg.
Notre GSD S10 était en plus équipé d’un porte-bagages avant, ce qui porte le poids total du système à 310 kg. Autrement dit : ce Velo peut rouler sans difficulté même avec près d’un tiers de tonne à bord.
Après plusieurs mois d’utilisation, je ne doute absolument pas de sa capacité à transporter autant de charge — et probablement même un peu plus, si quelqu’un était prêt (et capable) de le tester. En revanche, je suppose que l’autonomie de la batterie en souffrirait rapidement, surtout là où j’habite : ici, on n’est jamais bien loin de pentes à 15–20 %.
Le Velo de test était équipé d’un porte-bagages arrière solidement boulonné au cadre au-dessus de la roue arrière, ainsi que de deux coussins de siège pour les passagers. L’ensemble est fixé au cadre en huit points, comprend des repose-pieds séparés et relevables, ainsi que des fixations velcro pour les coussins.
Ces coussins — comme beaucoup d’autres accessoires — sont proposés en option. Tu peux ainsi configurer le Velo très précisément selon tes besoins. (Nous y reviendrons plus loin.) Il faut toutefois garder ces éléments en tête lors du calcul du budget total.
Assez de place pour deux dans la Stormbox
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Un Velo compact a besoin de roues compactes. Le GSD est équipé de roues Atlas 36 en 20 pouces, montées avec 32 rayons. Atlas est la marque de roues interne de Tern ; lors de notre test, elles se sont montrées irréprochables, associées aux Schwalbe Pick-Up de 2,35 pouces, des pneus spécifiquement conçus pour un usage cargo et pour supporter de lourdes charges. Chaque pneu est homologué pour 125 kg.
On pourrait penser que des roues que l’on retrouve habituellement sur des Velos pour enfants (ma fille de huit ans roule sur un Woom en 20 pouces) rendraient le comportement nerveux. Mais — comme moi — tu aurais tort. Aux vitesses relativement basses auxquelles ce type de Velo est généralement utilisé, ces roues sont parfaitement adaptées. Le GSD se montre même plus maniable qu’un longtail à chargement frontal comme le
Raleigh Stride 3 ou que le
Specialized Porto, un peu plus long.
Le seul inconvénient — vraiment mineur — des roues plus petites est apparu lors de descentes sur des chemins agricoles ou équestres, en comparaison avec des roues de plus grand diamètre. J’avais auparavant roulé sur le Specialized Porto en 700c, et le Tern donnait sur terrain meuble une sensation légèrement moins posée. Cela dit, il est peu probable que beaucoup choisissent ce Velo pour rouler régulièrement sur du terrain très accidenté.
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Sur les routes dégradées et les irrégularités, la suspension fait une vraie différence. Le GSD est équipé d’une fourche Suntour avec 70 mm de débattement, complétée par une tige de selle Cane Creek Thudbuster. La fourche absorbe efficacement les chocs secs, mais rend aussi la montée en danseuse plus intuitive : l’avant accompagne naturellement tes mouvements lorsque tu te balances de gauche à droite en montée.
Même si le GSD n’est pas conçu pour rouler vite, la puissance de freinage est cruciale vu le poids en jeu. Un adulte, deux enfants et quelques sacs de courses atteignent rapidement 100 kg ou plus. Des disques de 203 mm associés à des étriers hydrauliques Magura à quatre pistons fournissent exactement cette puissance. Pour la première fois, j’ai aussi roulé avec un système ABS sur un Velo : il empêche totalement le blocage de la roue avant, ce qui apporte un énorme gain de sécurité dans l’usage quotidien.
Un système de freinage ABS signifie que, même lors d’un freinage très appuyé, tu perds quasiment jamais la roue avant.
Du moins, je n’y suis pas arrivé – malgré plusieurs tentatives. J’ai brièvement cru que c’était le cas : sur asphalte sec, j’ai tiré le frein avant à fond et je me suis arrêté avec un net broutement dans le levier. Techniquement, l’ABS ne devrait toutefois intervenir que lorsqu’un début de glissement de la roue est détecté. Un rapide coup d’œil aux statistiques de trajet dans l’application Bosch Flow a montré (sur une sortie très courte) que j’avais freiné 26 fois, sans une seule activation de l’ABS.
Derrière ce système se cache une technologie très aboutie, que Bosch explique le mieux via ses propres vidéos sur YouTube. Et pour celles et ceux qui veulent analyser leur freinage : le système Bosch peut fournir des données sur le temps de freinage et la distance de freinage. C’est extrêmement sophistiqué et certainement utile pour optimiser des performances en DH-MTB — mais, honnêtement, après notre trajet scolaire de 2,3 km, je n’ai ressenti aucun besoin d’analyser ces chiffres.
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Capacité de charge et accessoires du Tern GSD
La position de conduite très droite libère une grande partie de la surface horizontale du Velo pour le transport – que ce soit du matériel ou des enfants. L’empattement court n’est toutefois qu’une partie de l’équation, car le Velo est globalement assez long : 192 cm de l’avant à l’arrière. Sur cette longueur, 33 cm sont dédiés au porte-bagages avant, tandis que la plateforme arrière mesure 70 cm.
L’élément le plus modulable est clairement le porte-bagages arrière, avec d’innombrables configurations autour de ce que Tern appelle le « Clubhouse ».
Selon l’équipement choisi, il peut servir de simple porte-bagages pour transporter des affaires. Il peut accueillir un ou deux jeunes enfants dans des sièges rigides fixés dans la structure tubulaire. Il peut transporter deux enfants plus âgés assis sur des coussins dans la cage. Il peut aussi combiner un jeune enfant et un plus grand, ou même une personne adulte. Tu peux y ajouter des barres de maintien supplémentaires montées derrière la selle, ou encore une structure type tente offrant une protection complète contre les intempéries. Et oui : il existe même une housse de pluie avec fenêtres.
J’ai testé le
GSD S10 avec deux coussins d’assise, une cage Clubhouse et un
Stow Deck, le tout recouvert par la
Stormbox. Lorsque la météo s’est améliorée, je l’ai retirée. Même si la Stormbox rendait l’entrée et la sortie un peu plus compliquées pour les enfants sans aide, ils ont apprécié la protection supplémentaire qu’elle offre. Détail pratique : l’intérieur dispose de
quatre poches prévues pour des gourdes.
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70 cm ne semblent pas énormes, mais cela a suffi pour mes enfants de cinq et huit ans. L’espace est un peu juste et ils doivent faire attention à la position de leurs pieds et aux mouvements de tête (pour éviter de se cogner avec les casques). Cela n’a provoqué que quelques rares disputes. En option, une barre en U peut être fixée à l’arrière de la cage ; elle offre au passager arrière quelques centimètres supplémentaires pour s’appuyer.
Les arceaux avant et arrière de la cage Clubhouse dépassent davantage que les barres latérales – un détail important, car ces dernières protègent les petites mains en cas de basculement latéral. Le pied gauche est aussi protégé de la chaleur du frein : un cache métallique recouvre l’étrier de frein arrière.
À l’avant, nous utilisions le Transporter Rack avec un WeatherTop Bag. Il s’agit d’un sac semi-rigide capable d’accueillir beaucoup de courses ou plusieurs sacs d’école, avec un rabat qui protège efficacement le contenu de la pluie. Ce module est toutefois facturé CHF 154 en supplément. Comme mentionné plus haut : garde toujours les prix en tête au moment de configurer les accessoires.
Électronique et technologie
Le
GSD est propulsé par un moteur
Bosch Cargo Line développant
85 Nm de couple, associé à une batterie
Bosch PowerPack 545. Le chiffre 545 correspond à la capacité en wattheures (Wh), l’unité standard pour mesurer l’énergie stockée dans une batterie d’E-Bike. Plus la valeur en Wh est élevée, plus la batterie peut fournir d’énergie. De même, un couple moteur élevé permet de transformer cette énergie en propulsion plus efficacement.
Sur un E-Lastenvelo, capacité de batterie et couple sont des valeurs assez classiques : certains modèles se contentent de batteries de 400 Wh et offrent alors nettement moins de puissance. Ici, la performance prime clairement sur le poids. Si la question de l’autonomie t’inquiète, le cadre permet l’ajout d’une seconde batterie.
L’autonomie reste difficile à chiffrer précisément. Une recharge complète prend plusieurs heures (je branchais généralement le Velo toute la nuit, en faisant confiance au fait qu’il ne s’agissait pas d’un chargeur douteux). Elle dépend fortement du mode d’assistance, du dénivelé, de ton style de conduite et de la charge transportée. L’efficacité globale du système joue aussi un rôle, même si elle est difficile à comparer objectivement. Bosch étant l’acteur dominant du marché des E-Bikes, leurs systèmes inspirent une grande confiance.
La règle est simple : plus tu sollicites la batterie, plus l’autonomie diminue – et inversement. Avec l’expérience, on apprend vite à l’estimer. Le niveau de charge et l’autonomie prévisionnelle s’affichent sur l’écran Kiox 300, que tu peux parcourir facilement.
Le Kiox 300 fait partie de l’écosystème Bosch : il affiche des données simples comme la vitesse ou le temps de trajet, mais aussi des informations plus détaillées comme la puissance fournie par le cycliste ou la distance de freinage. L’écran se commande via le boîtier situé près de la poignée gauche, où tu sélectionnes aussi les modes d’assistance et allumes ou éteins le système. Il peut également être synchronisé avec ton smartphone via l’application Bosch Flow.
L’éclairage avant et arrière, tout comme le feu stop, sont alimentés par la batterie. Un autre facteur pouvant influencer l’autonomie : la recharge de ton téléphone. Oui, un port USB-C est intégré juste au-dessus du boîtier de pédalier.
Côté sécurité, un antivol de cadre Abus est monté d’origine et bloque la roue avant. Même sans être verrouillé, le Velo ne peut pas rouler sans la clé insérée. Conseil pratique : note le numéro de série de la clé et ne la perds pas. Via l’application Bosch Flow, il est aussi possible d’activer une alarme antivol – moyennant abonnement.
Enfin, un mot sur la béquille. Elle est extrêmement stable et permet aux enfants de monter et descendre du Clubhouse avec précaution, sans risque que le Velo bascule. Les pieds caoutchoutés évitent d’abîmer le sol. Et détail bien pensé : il est impossible de faire rouler le Velo hors de la béquille sans actionner d’abord le levier au guidon.
Crédit photo : Future
Conduite et usage quotidien avec le Tern GSD
Le meilleur compliment que l’on puisse faire au comportement routier du GSD est sans doute le suivant : ma partenaire, qui roule très rarement à Velo, est montée dessus, est partie… et n’a rencontré aucun problème. La hauteur d’enjambement très basse facilite énormément la montée et la descente, et la position de conduite se règle rapidement.
La tige de selle Cane Creek coulisse dans une douille elle-même intégrée au cadre, ce qui permet une double plage de réglage en hauteur. Le guidon se règle en desserrant deux grands leviers à serrage rapide de part et d’autre de la potence, ce qui permet de l’incliner ou de le faire pivoter. L’amplitude de réglage est suffisamment large pour convenir à presque tout le monde – un point crucial pour un Velo proposé en taille unique.
Une fois lancé, le GSD se montre très équilibré : centre de gravité bas, position détendue et bien droite. À l’arrêt, poser rapidement un pied au sol permet de stabiliser le Velo sans effort, même avec deux passagers à l’arrière, dont le poids remonte logiquement un peu le centre de gravité. Lorsque les passagers se penchent d’un côté, cela influence légèrement la direction et l’équilibre, mais jamais je n’ai eu l’impression que le Velo pouvait réellement basculer.
Toute personne ayant déjà roulé sur un E-Bike équipé d’un système Bosch sait à quel point ces motorisations sont intuitives. Pour les autres, la surprise est généralement très positive. L’assistance – légalement limitée à 25 km/h – est réglée de manière intelligente : elle intervient tôt à basse vitesse dans les petits braquets, et un peu plus tard dans les grands braquets, en fonction de la manière dont le système interprète ton effort.
Tous ces paramètres peuvent être affinés dans l’application Bosch Flow, mais les réglages d’origine conviendront à la majorité des utilisateurs. C’était clairement mon cas. Les modes disponibles vont de Eco à Tour, Auto et Cargo. J’ai roulé la plupart du temps en mode Auto, qui adapte l’assistance à ton style de conduite, et je ne passais en mode Cargo que pour les montées longues ou très raides.
Le moteur fournit une assistance fluide et continue sur l’ensemble du cycle de pédalage, quel que soit le mode sélectionné ou le terrain. Il n’y a pas de poussée brutale à l’accélération, et lorsque l’assistance se réduit, cela se fait sans à-coups ni rupture désagréable du rythme.
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Le meilleur aspect du GSD, c’est qu’il donne réellement l’impression d’avancer à bon rythme. Contrairement au Raleigh Stride 3, qui devenait péniblement lent en montée, le GSD permet d’atteindre facilement une vitesse correcte. Cela tient en grande partie au couple élevé du moteur, qui délivre beaucoup de puissance très tôt dans le coup de pédale et la maintient plus longtemps à mesure que la vitesse augmente – exactement ce dont tu as besoin dans les montées raides.
Le comportement du Velo est stable et rassurant, et toutes les commandes – changements de vitesses, éclairage, niveaux d’assistance – tombent naturellement sous la main.
Avec leur solide expérience des Velos de pendulaires et d’usage quotidien, les équipes de Tern savent comment rendre la vie plus simple à Velo. Astuce numéro un : ce Velo peut être rangé à la verticale. Le porte-bagages arrière avec poignée intégrée, ainsi que l’épais patin en caoutchouc à l’arrière du cadre (sous le feu stop), sont conçus pour servir de base stable. Ce n’est pas particulièrement facile de lever l’avant à cause du poids, et tu n’as évidemment pas envie que des gens le bousculent en passant, mais cela réduit nettement l’encombrement au sol.
Le guidon peut lui aussi être replié pour le rangement. Il suffit de desserrer le collier juste au-dessus du tube de direction, de basculer le guidon vers le bas, puis de le fixer au tube inférieur à l’aide d’un élastique. La largeur totale diminue ainsi sensiblement – très pratique dans un couloir étroit ou partout où l’on doit circuler autour du Velo.
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Conclusion
Même s’il n’est pas bon marché, le
Tern GSD est un Velo extrêmement plaisant à rouler. Il regorge de technologies qui facilitent la conduite au quotidien et simplifient le rangement, tout en offrant une modularité impressionnante pour s’adapter à tes besoins – quels qu’ils soient. La gamme d’accessoires est réellement exceptionnelle, ce qui permet de configurer le Velo pour presque tous les usages imaginables. Les innombrables petits détails, les fonctions bien pensées et l’électronique intégrée montrent clairement une chose : l’équipe de design de
Tern comprend très bien ce dont sa clientèle a besoin.
Spécifications
Le Velo
Cadre : Tern GSD 6061-AL Multi-Truss Design
Fourche : Fourche suspendue Suntour (débattement 70 mm)
Roues : Jantes Tern Atlas Heavy-Duty 36 mm avec moyeux Tern Atlas
Tige de selle : Tern télescopique + Cane Creek Thudbuster
Guidon : Tern Sweep
Selle : Tern GSD
Freins : Magura MT-C ABS hydrauliques à 4 pistons
Transmission : Shimano Deore 1 x 10 vitesses
Électronique
Moteur : Bosch Cargo Line (assistance jusqu’à 400 %)
Batterie : Bosch PowerPack 545
Écran : Bosch Kiox
Chargeur : 220 V, 4 A
Éclairage : phare avant Ignis, feu arrière RearStop avec feu stop
Recharge embarquée : USB-C
Équipement
Antivol de cadre : Abus
Béquille : Atlas Lockstand
Auteur
Simon Richardson
Rédacteur en chef de Cycling Weekly, Simon travaille pour le magazine depuis 2001. Il a découvert sa passion pour le Velofahren en 1989 en regardant le Tour de France sur Channel 4, a commencé la compétition en 1995 et a même couru une saison entière en Belgique en 2000. Au fil des années chez Cycling Weekly (et auparavant chez Cycle Sport), il a signé des tests produits, des articles sur l’entraînement, des interviews de pros, des comptes rendus de course et de nombreuses actualités. Il a couvert le Tour de France plus de fois qu’il ne peut s’en souvenir, ainsi que les Jeux olympiques de 2008 et 2012, parmi de nombreux autres grands événements.