Alors que les E-Bikes divisent encore les avis dans le domaine du Mountainbike, une seule sortie sur des sentiers suffit souvent pour ne plus vouloir revenir au pédalage pénible et au portage. Dans la catégorie des vélo de course, en revanche, aucun système d’assistance ne s’était réellement imposé jusqu’à présent, car dès que l’assistance cessait, il restait surtout un Velo lourd. Cela a freiné l’acceptation auprès des
vrais cyclistes électriques.
Le problème réside principalement dans l’intégration du système. Une fois la limite d’assistance atteinte, le moteur se coupe et tu ressens immédiatement le poids supplémentaire ainsi qu’une légère résistance mécanique. Cette sensation peut aller à l’encontre de l’objectif initial : offrir une aide naturelle et fluide, proche d’un simple vent dans le dos.
(Crédit image : Future / Andy Carr)
De manière surprenante, le système TQ ici installé — moins puissant que d’autres solutions du marché — promet d’apporter l’assistance exactement au moment où tu en as besoin, tout en générant très peu de résistance lorsque ce n’est pas le cas. Visuellement, le Velo ressemble presque à un
Canyon Endurace standard. La communication met davantage l’accent sur une sensation de « vent dans le dos » que sur un moteur prenant le contrôle. C’est précisément ce que les E-Bikes promettaient aux adeptes du vélo de course depuis des années, sans jamais vraiment y parvenir. Si ce Canyon Endurace équipé du système TQ corrige ces défauts, le E-Bike route pourrait enfin atteindre une vraie maturité.
Design
L’Endurace de
Canyon est l’un des modèles les plus appréciés dans l’univers des vélo de course. Il propose un prix attractif, un comportement équilibré et une géométrie — avec un stack et un reach bien étudiés — adaptée à une large majorité de cyclistes. Il est également réputé pour son confort.
Une version E-Bike qui conserve ces qualités, ajoute environ 200 watts d’assistance et ne ressemble pas visuellement à un E-Bike, tout en évitant toute sensation de freinage parasite, a donc de solides arguments.
La version testée se situe autour de 7'300 CHF et est équipée du groupe Shimano Ultegra Di2, reconnu pour sa précision et sa fiabilité. L’équipement correspond globalement aux attentes dans cette gamme de prix, avec quelques particularités — notamment le pédalier Praxis. Praxis produit des pédaliers robustes et bien finis. Ce choix, probablement motivé par des considérations économiques, n’affecte en rien la qualité du passage des vitesses ni la fiabilité que tu es en droit d’attendre d’un groupe Shimano de ce niveau.
(Crédit image : Future / Andy Carr)
Spécifications
Pour un Velo équipé en Shimano Ultegra, le prix reste élevé. Toutefois, si tu prends en compte l’intégration du moteur et l’équipement global, l’ensemble présente un rapport qualité-prix cohérent.
La configuration est particulièrement soignée. Tu bénéficies notamment de véritables roues aérodynamiques comme les DT Swiss ERC 1400 avec une hauteur de jante de 45 mm. Elles sont montées avec des Schwalbe Pro One TLE en 32 mm, performants et polyvalents. Le cadre offre même un dégagement suffisant pour des pneus jusqu’à 35 mm si tu souhaites rouler plus large.
(Crédit image : Future / Andy Carr)
Le Velo est équipé du cockpit intégré propre à Canyon, combinant guidon et potence, ainsi que de la tige de selle Canyon S15 VCLS 2.0 CF en diamètre 27,2 mm. Celle-ci offre jusqu’à 20 mm de flexion, ce qui améliore sensiblement le confort vertical.
Un système d’éclairage intégré est également présent à l’avant et à l’arrière. Le feu arrière est discrètement intégré dans les haubans. À l’avant, l’éclairage est puissant tout en restant très discret, monté directement sous le cintre carbone au design sportif. Il est suffisamment performant pour répondre aux exigences de la norme allemande StVZO, tout en conservant un format particulièrement compact.
Le passage interne des câbles est soigné, comme attendu dans cette gamme de prix, même si ce type d’intégration complique parfois l’entretien. Dans l’ensemble, il est difficile de distinguer ce modèle d’un vélo de course classique — rien ne trahit immédiatement sa motorisation.
(Crédit image : Future / Andy Carr)
La batterie offre une capacité de 292 Wh et peut être complétée par une extension pour les sorties plus longues. Cela suffit pour environ 2'000 mètres de dénivelé et près de 60 km, selon l’utilisation. Avec une gestion réfléchie de l’assistance, tu peux envisager une longue journée en montagne ou l’enchaînement de plusieurs cols avant que l’autonomie ne soit épuisée.
Le poids total est probablement la donnée la plus impressionnante : le modèle testé reste sous les 11 kg. La version haut de gamme descend même confortablement sous la barre des 10 kg.
L’Endurace classique est disponible dans un large éventail de tailles, y compris en 2XS et 3XS avec roues 650b pour les cyclistes plus petits. Cette diversité reste relativement rare sur le marché. Canyon propose traditionnellement aussi des tailles importantes, jusqu’à 62 cm ou équivalent. Dans sa version électrique, l’Endurace:ONfly est disponible en sept tailles, de 2XS à 2XL, ce qui est remarquable dans cette catégorie spécifique.
Performance
Dans le développement des Velos, un principe revient souvent : « plus stable peut être plus rapide ». Pour la plupart des cyclistes amateurs, une géométrie légèrement plus confortable qu’un pur vélo de course de compétition permet de rouler plus efficacement sur la durée.
L’Endurace:ONfly CF 8 affiche un empattement de 1'016 mm, un angle de direction de 72° et un trail de 67 mm. Ces valeurs se traduisent par un comportement très stable. Il peut y avoir une légère sensation de retenue lors des premiers changements de direction, mais tu t’habitues rapidement à cette stabilité rassurante. Le Velo se pilote facilement et reste dynamique — avec en plus l’assistance subtile du système TQ qui donne l’impression d’un léger vent dans le dos.
(Crédit image : Future / Andy Carr)
La tige de selle absorbe efficacement les chocs les plus marqués. Bien que le cadre ait été renforcé par des couches supplémentaires de carbone pour intégrer la trappe de batterie et les composants spécifiques au E-Bike, il reste remarquablement confortable en roulant.
Le boîtier de pédalier, associé au moteur compact, donne une impression de grande solidité. Malgré une géométrie de direction orientée stabilité, la trajectoire reste précise et agréable, sans sensation de flou.
(Crédit image : Future / Andy Carr)
Passons au moteur, véritable point fort de ce Velo. Son fonctionnement est remarquable. Il ne produit pratiquement aucun bruit typique d’un E-Bike et délivre sa puissance avec une fluidité telle que tu distingues à peine si l’assistance est activée ou non.
C’est particulièrement perceptible en montée. Si tu roules avec des amis, l’assistance te permet de maintenir un rythme élevé sans sensation artificielle. Une fois sur le plat, contrairement à d’autres systèmes plus lourds ou générant davantage de résistance, tu ne ressens pas de freinage mécanique désagréable lorsque l’assistance se coupe. Le Velo reste naturel et efficace, sans donner l’impression de traîner un poids inutile.
C’est précisément à ce niveau que les E-Bikes route devaient progresser, et l’
Endurace:ONfly y parvient clairement. Si tu as déjà essayé un E-Bike route et que l’expérience t’a laissé sceptique, ce modèle mérite réellement une nouvelle évaluation. L’assistance ressemble davantage à un vent constant dans le dos qu’à une propulsion artificielle.
Considérer cette technologie comme une forme de triche passe à côté de l’essentiel. Il s’agit avant tout d’un outil qui élargit les possibilités et rend certaines expériences plus accessibles.
(Crédit image : Future / Andy Carr)
Tu peux réellement rouler « plus loin et plus vite », comme le promet le marketing. Et si tu ne participes pas à des compétitions, où est le problème ? Beaucoup investissent des milliers de francs pour gagner quelques watts. Ici, tu disposes directement d’environ 200 watts supplémentaires. Et nul besoin de soufflerie pour en ressentir les bénéfices.
Rouler avec ce Velo procure beaucoup de plaisir. Tu peux parcourir de longues distances avec une sensation d’aisance remarquable. Il est aussi stimulant de découvrir une technologie qui élargit concrètement les possibilités dans le monde du vélo de course.
Rapport qualité-prix
Environ 7'300 CHF représentent un investissement conséquent. Les prix des Velos haut de gamme peuvent surprendre, surtout lorsqu’il s’agit d’évaluer la valeur réelle.
Cependant, si l’on considère l’équipement, le positionnement devient plus cohérent. Chez de nombreuses grandes marques, un vélo de course avec une spécification comparable — mais sans moteur ni batterie — se situe dans une gamme de prix similaire. Dans ce contexte, disposer d’un modèle offrant une assistance supplémentaire au même niveau tarifaire change la perspective.
Si tu es attaché aux sensations traditionnelles du vélo de course, l’idée d’une assistance peut sembler superflue. Pourtant, pour de nombreux
fans de course sur route qui roulent avant tout pour le plaisir et les longues sorties du week-end, ce type de Velo peut représenter une alternative particulièrement pertinente — d’autant plus qu’il reste confortable et performant.
Caractéristiques techniques
Prix indicatif : env. 7'300 CHF (version testée)
Cadre : Canyon Endurace:ONfly
Taille : M
Poids : 10.97 kg
Transmission : Shimano Ultegra Di2
Pédalier : Praxis
Roues : DT Swiss ERC 1400
Pneus : Schwalbe Pro One TLE
Freins : Shimano Ultegra hydrauliques
Cockpit : Canyon intégré
Tige de selle : Canyon avec 20 mm de flexion
Selle : Fizik Arione
Journal de test
Température : 10–36 °C
Conditions : météo ensoleillée
Revêtement : routes principales et secondaires
Parcours : asphalte, relief modéré, longues sections plates
Sorties : 8+
Distance parcourue : 350 km
Auteur
Andy Carr
Andy Carr est rédacteur technique chez Cycling Weekly. Il a fondé Spoon Customs, où il a conçu et fabriqué pendant dix ans des Velos sur mesure haut de gamme. L’entreprise a également créé Gun Control Custom Paint, avec un accent particulier sur la qualité de fabrication et les finitions.
Aujourd’hui installé dans le Norfolk, il continue de consacrer son temps à tout ce qui roule sur deux roues et retourne aussi souvent que possible dans les Alpes du Sud.